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Rencontre
Cyril Gautier, cycliste professionnel

"Je me suis construit avec le vélo"

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25 ans

Il y a 25 ans, les Côtes du Nord devenaient les Côtes d'Armor. Pour fêter ce 25e anniversaire, le Département a choisi de faire appel à des Costamoricains pour participer à une série de campagnes de communication autour d'événements marquants de l'année : Art Rock, l'assec de Guerlédan, le Tour de France, etc. Des pastilles vidéos illustrent les séances photos avec les "modèles" et peuvent être visionnées sur la chaîne Youtube du Département.

Sport

photo : Ouest France

100.000

C'est, en euros, la somme que l'Olympique lyonnais a déboursée pour que la guingampaise Griedge Mbock joue sous ses couleurs l'an prochain. C'est le transfert record de l'histoire du football féminin, qui témoigne de l'engouement grandissant pour ce sport.

 

 

Sport

Photo : Philippe Josselin

Le 6 juin a leu lieu le 20e europoussins de football à Pleudihen. C'est le FC Bâle qui, pour sa première participation, est sorti vainqueur de la compétition devant l'AS Roma. Les plus prestigieuses équipes européennes étaient là : PSG, Chelsea, Juventus, FC Porto, OM, Ajax Amsterdam... 

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Département

34 apprentis, issus d'établissements professionnels et de centres de formation du département, viennent d'être récompensés d'une médaille "Un des meilleurs apprentis des Côtes d'Armor". 24 d'entre eux (car ils sont médailles d'or ou d'argent) sont en lice pour le concours régional (3 juillet).

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Environnement

46 jardins du département ouvrent leurs allées samedi 13 et dimanche 14 juin dans le cadre de Bienvenue dans mon jardin. Cette opération dont le Département est partenaire promeut la pratique du jardinage domestique tout en encourageant les pratiques respectueuses de l'environnement et le jardinage au naturel  : paillage, compostage, récupération d'eau de pluie, engrais verts, accueil des insectes auxiliaires.

Le plein d'infos toute l'année sur : vertlejardin.fr

Département

Le Département est à l'initiative d'un jeu grandeur nature #TrouvezlaStèle, élaboré par l’association briochine de géocatching Bande de Breizh et sera à tester en famille ou entre amis, dès le 12 juin 2015. Objectif : retrouvez la trace d’une stèle mystérieuse et décryptez son message secret. Ce jeu est composé de 7 circuits, répartis autour de 7 sites emblématiques des Côtes d’Armor : le village de Keriven et Beau Rivage à Caurel, Corseul et la cité gallo-romaine, le Cap d’Erquy, Étables-sur-Mer, Guingamp, le Sillon de Talbert à Pleubian et le Marais du Quellen à Trébeurden.

trouvezlastele-cotesdarmor.fr

Environnement

Le dispositif pilote Vir'volt ma maison, testé sur le territoire de Saint-Brieuc et développé par de nombreux partenaires dont le Département des Côtes d'Armor, est nominé pour le concours My positive impact. A l'initiative de la Fondation Nicolas Hulot dans l'optique de la conférence Paris climat 2015, ce concours soumet au vote du public, jusqu'au 5 juillet, l'élection de cinq lauréats. Vir'volt-ma-maison vise la rénovation énergétique des maisons individuelles en proposant des solutions globales d'accompagnement des particuliers (aides, interlocuteur unique, réseau d'artisans, etc.). Pour soutenir Vir'volt, on peut voter et revoter sur :
mypositiveimpact.org

Sport

10 800

C'est le nombre record d'abonnés atteint l'an passé pour le stade du Roudourou. La campagne d’abonnement pour la saison de Ligue 1 a repris. Jusqu'au 27 juin, seuls les abonnés 2014-2015 ont accès aux guichets, avant l'ouverture de la vente au grand public, le 1er juillet. Le record de l'année dernière sera-t-il battu ? Quand on sait que la ville compte 7 300 habitants... Guingamp demeure toujours une « formidable anomalie » dans le paysage footballistique.

Tarifs sur eag.fr

 

 

 

Sport

7000

C'est le nombre de cyclistes qui pourraient bien participer à la course cycliste Pierre-Le-Bigaut-Muco, à Callac le samedi 27 juin. Ils étaient 6956 l'année dernière. Cette course, qui propose plusieurs distances (également pour les marcheurs) et de nombreuses animations pendant et après l'effort, est organisée pour récolter un maximum de fonds pour la recherche contre la mucoviscidose. 483 000 euros ont pu être reversés en 2014 à l'association Vaincre la mucoviscidose.

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Sport

4-1

C'est sur ce score que les Lamballaises ont remporté, face aux joueuses de Penvénan, la finale dames de la coupe du Conseil départemental des Côtes d'Armor le 7 juin dernier à Pléneuf-Val-André. C'est également sur ce score que les joueurs du FC Quévert ont battu l'équipe de Ploumagoar pour la finale messieurs. Bravo à ces premiers lauréats de la coupe du Conseil départemental (auparavant coupe du Conseil général).

Santé

L’association à but non lucratif « Capt’air Bretagne », créée à Dinan en 1987, recense l’évolution des pollens dans l’air, à partir de cinq capteurs placés à Brest, Saint-Brieuc, Pontivy (56), Rennes et Dinan. Elle vient de développer une application smartphone (Android et iOS) qui « capte » les pollens. Grâce à la géolocalisation, les données du capteur le plus proche sont dévoilées en temps réel. Une appli gratuite et bien pratique en cette saison de pollinisation.

captair-bretagne.com

« Je me suis construit avec le vélo »

Samedi 4 juillet, Cyril Gautier, originaire de Plouagat et installé à Trégueux depuis 2008, prendra le départ de son sixième Tour de France. A 27 ans, le coureur de l’équipe Europcar, connu pour sa générosité dans l’effort et sa combativité, espère bien y décrocher sa toute première victoire d’étape.

Quel est votre programme d’ici au 4 juillet, départ du Tour ?
Il va y avoir la Route du sud durant quatre jours, puis le championnat de France les 28 et 29 juin. C’est une grosse période. Je n’ai pas couru de tout le mois d’avril suite à un gros coup de fatigue. Espérons que ce soit un mal pour un bien et que j’arrive plus frais sur les prochaines échéances.

Quel bilan faites-vous de votre saison jusqu’ici ?
Le début de saison a été correct, mais si je pouvais faire une belle deuxième partie, ce serait bien. J’ai effleuré la victoire de peu sur la Marseillaise où je me suis fait rattraper par le peloton à 150 m de la ligne. Je finis 4e d’une étape de l’Etoile de Bessèges (Gard), ou encore 4e de Sud Ardèche. Mon gros objectif était Paris-Nice. Malheureusement, dans la première étape, je crève à 30 km de l’arrivée alors que j’étais dans l’échappée. Je finis 22e au général (contre 6e l’année dernière, ndlr).

Que pensez-vous du parcours du prochain Tour de France ?
C’est un beau tracé, un beau Tour de France. La première semaine sera tendue. Dès le départ en Hollande, il y aura du plat, du vent, avec certainement des bordures, des chutes possibles… Le temps peut filer très vite dans ces conditions. Mais le vif du sujet, ce sera après la Bretagne, dans les Pyrénées, puis les Alpes. Je suis allé reconnaître les étapes de l’Alpes d’Huez et de La Toussuire. Il va y avoir beaucoup de dénivelé. La dernière semaine du Tour, ça va être costaud. La veille de l’arrivée, il y aura trois grosses étapes de montagne, ce qui veut dire que le vainqueur pourra peut-être encore changer juste avant l’arrivée aux Champs Elysées.

Parlez-nous de l’étape entre Rennes et Mûr-de-Bretagne ?
C’est une étape qui selon moi va se résumer à une arrivée. Je pense qu’il y aura une échappée qui se fera reprendre dans les derniers kilomètres, car il y a des équipes avec des coureurs capables de gagner dans le sprint final. Ce sera un sprint allongé on va dire. Les 15, 20 derniers kilomètres, il faudra être bien placé pour espérer aller gagner en haut de la côte. C’est sûr qu’à Mûr-de-Bretagne, j’aurai à cœur de briller, parce que c’est la maison. Je suis breton, j’ai commencé le vélo en Bretagne, et j’ai vraiment envie de réussir sur mes terres.

« Depuis longtemps, la Bretagne est une terre de vélo »

Que pensez-vous du public costarmoricain ?
Depuis longtemps, la Bretagne est une terre de vélo. Quand le Tour arrive en Bretagne, le public est massé au bord des routes. C’est toujours bien de retourner chez soi et de savoir que l’on va être encouragé.

Vous vous êtes fixé un objectif sur ce Tour de France ?
L’objectif est de gagner une étape. Cela fait quelques années que je tourne autour. J’ai déjà fait 4e, 5e, 7e. Cette année, j’aimerais bien la décrocher cette victoire. Je pense que je le mérite par rapport au travail fourni jusqu’à aujourd’hui. C’est quelque chose dont je rêve après plusieurs participations et les émotions que j’ai pu avoir. Je n’ai pas d’objectif au général. Je pense que je pourrais peut-être réussir à faire un top 20, mais je préfère jouer la victoire sur certaines étapes qui me conviennent, et assurer un rôle d’équipier dans les étapes où l’on aura besoin de moi. 

Justement, quelles sont ces étapes qui vous conviennent ?
C’est sûr que le mur de Huy (étape Anvers-Huy du 6 juillet en Belgique, ndlr) et Mûr-de-Bretagne, ce sont des courses qui vont se jouer à l’arrivée, en pleine montée. Je les ai donc cochées. Il y en aura d’autre par la suite où ce seront des échappées qui iront au bout. Il faudra être capable de les prendre.

Comment définiriez-vous votre profil de coureur ?
Ce qui me convient, ce sont les circuits vallonnés, les arrivées en montée. Le côté casse-pattes me va bien.

A quel âge avez-vous commencé le vélo ?
J’ai commencé à 10 ans au Vélo club du pays de Guingamp, à l’époque le Guidon d’argent guingampais, où j’ai toujours une licence. J’ai baigné dans une famille de cyclistes, mon père en faisait, mon frère aussi.

« J’arrivais à me dépasser, à me faire mal »


Qu’est-ce qui a fait que cela a accroché ?
J’avais une certaine gnaque, j’arrivais à me dépasser, à me faire mal. C’était aussi un plaisir de gagner des courses, c’était valorisant. Aujourd’hui, c’est différent, je gagne beaucoup moins de courses qu’en cadet ou qu’en minime. Mais il y a le plaisir d’être acteur, d’avoir un rôle, de peser sur la course.  J’ai pu aider Thomas Voeckler quand il a eu le maillot jaune sur le Tour 2011, ou être aux côtés de Pierre Rolland sur pas mal d’étapes ces dernières années. A côté de ça, on me laisse carte blanche pour cocher les étapes où je peux jouer la gagne.

Y-avait-il un coureur que vous aimiez plus particulièrement à l’époque ?
Parmi les Français, Laurent Jalabert. Il a fait une belle carrière, et aujourd’hui je l’apprécie beaucoup parce que c’est quelqu’un de discret. J’aimais son panache, surtout lors des dernières années, quand il a remporté le maillot à pois. Il se battait toujours.

Où avez-vous l’habitude de vous entraîner dans le département ?
J’aime aller un peu partout. Ce qui est bien ici, c’est qu’on ne s’ennuie pas, car on a un beau terrain de jeu. On peut emprunter des petites routes sans voitures, c’est calme. C’est vraiment  l’idéal. Il manque juste l’aéroport un peu plus près.

Vous avez l’habitude de vous entraîner avec d’autres coureurs du coin ?
Oui bien sûr. On est quelques-uns à se retrouver, surtout pour les sorties longues. Il y a Johan Le Bon, Arnaud Gérard, Fabrice Jeandesboz et Sébastien Hinault jusqu’à ce qu’il arrête sa carrière.

« Je pense que j’arrive à maturité »


Où en êtes-vous aujourd’hui dans votre carrière ?
Je pense que j’arrive à maturité. Après neuf ans de professionnalisme, je me sens plus à l’aise dans ce métier. Les premières années, il faut reconnaître que c’est dur physiquement et mentalement. Faire quatre à cinq heures de vélo tous les jours, il faut pouvoir récupérer derrière. L’organisme met du temps à s’y faire. Depuis deux trois ans maintenant, c’est devenu une habitude, je me lève même avec plaisir pour m’entraîner.

Quel est votre plus beau souvenir depuis que vous êtes professionnel ?
J’ai eu beaucoup de bons moments dans le vélo, je n’en retiens pas un en particulier. Le passage sur les Champs Elysées lors de mon premier Tour a été quelque chose de très émouvant. L’année d’après, il y a eu la défense du maillot jaune de Thomas Voeckler. Puis les victoires de Pierre Rolland qui m’ont donné beaucoup de frissons.

Et votre plus belle victoire en professionnel ?
Les trois que j’ai obtenues sont belles, mais je ne peux pas dire qu’il y en ait une plus belle que les autres. J’espère que la plus belle arrivera au mois de juillet !

Comment imaginez-vous l’après-vélo ?
Je me suis construit avec le vélo. Il m’a fait mûrir. Il m’a appris à devenir plus patient. Il m’a permis de voyager.... J’aimerais faire encore sept ou huit ans dans le milieu, voire plus si je ne ressens pas de lassitude. Aujourd’hui, j’ai un BEP-CAP mécanicien auto. J’ai aussi d’autres idées qui me trottent dans la tête. Ce qui est sûr, c’est que j’aimerais faire un métier qui soit à proximité de la maison. En raison des déplacements, je trouve dur de ne pas toujours être avec ma famille le week-end. Parfois, j’aimerais juste pouvoir faire un barbecue, boire une bière comme tout le monde !


Propos recueillis par Laurent Le Baut

Photo : Thierry Jeandot


2008 : champion d’Europe espoirs sur route
2009 : meilleur grimpeur de Liège Bastogne Liège
2010 : victoire sur la Route Adélie à Vitré
2013 : victoire sur le Tour du Finistère
2014 : vainqueur de la 2e étape du Tour du Limousin

2005-2006 : Côtes d’Armor cyclisme

2007-2008 : passage en professionnel chez Bretagne Armor Lux

2009-2015 : Bouygues Télécom, puis Europcar depuis 2011

Photo : Thierry Jeandot

Itinéraire d'une enfant du slam

Une présence, un œil qui pétille et un talent indéniable quand elle est sur une scène et dresse le portrait des gens d'ici et d'ailleurs, comme celui d'une concierge un peu spéciale ou d'une ado en crise. Tout fraîchement couronnée championne du monde de slam, Clotilde de Brito est une ancienne enfant dévoreuse de mots, abreuvée de poèmes, nourrie au théâtre engagé et toujours animée par l'envie de transmettre.

Le bourg de Meslin, près de Lamballe, est calme et ensoleillé lorsque nous arrivons chez Clotilde de Brito. Elle ouvre la porte en prenant garde de ne pas faire sortir le gros matou qui pointe son nez « Attends Iggy ! Vous n'êtes pas allergiques aux chats ? » s'enquiert la jeune femme. Nous ne sommes pas allergiques, Iggy Pop s'installe confortablement pendant que sa maîtresse se prête au jeu de l'interview. « J'ai un diplôme de vétérinaire et  je travaille au CNRS dans une équipe de recherche, sur les maladies du chien qui existent chez l'homme, notamment en cancérologie comme le mélanome, le gliome... Que des noms en iomes. » Sans passer du coq au slam, nous sommes plutôt là pour l'autre « métier » de Clotilde, celui qui la propulse sur le devant des scènes slam depuis deux ans ; qui l'a fait concourir pour représenter la France à la Coupe du monde de slam en juin* (voir encadré) ou encore animer des ateliers poésie avec des collégiens. « A mon arrivée en Côtes d'Armor en 2011, j'ai fait des ateliers de lectures à voix haute à la médiathèque de Guingamp. J'ai eu la chance de lire des textes du poète palestinien Mahmoud Darwich à la médiathèque », raconte Clotilde.

« C'est quoi ton blaze ? »


C'est à cette occasion qu'elle est repérée et invitée à la radio pour parler poésie, avec  Anne-Laure Lussou et Radouane Nasri de Radio Activ. Ils lui disent « On ne t'a jamais vue sur une scène slam ! C'est quoi ton blaze (1)? ». La jeune femme se choisit pour nom de scène Clo et se lance dans l'aventure aux côtés de Radouane alias Grand Cormoran. Et ça va très vite : en 2013, elle va à Paris pour le championnat de France et fait partie des 4 Briochins sélectionnés pour le grand slam national (aux côtés de Grand Cormoran, Eugène Manitou et Toto). En 2014, elle devient championne de France de slam et vice-championne d'Europe, et aujourd'hui, la coupe du monde... Mais si le slam est arrivé en 2013 dans la vie de Clo, la poésie y est ancrée depuis très longtemps, dans son enfance à Brest.

Des livres partout !


Ses yeux pétillent à l'évocation de ses premières. Pas de doute, c'est une passionnée : « je me souviens que toute petite, ma mère, qui était femme de ménage, m'emmenait chez ses employeurs. Il y avait des livres partout, un piano à queue, c'était génial ! Mais attention, j'avais le droit de regarder, mais pas de toucher. Alors j’amenais mes propres livres. » Lesquels ? « Les contes de Perrault, mais les vrais, les bien sanguinolents, ou encore un livre que j'avais adoré Les disparus de Saint Agil ». Et Clotilde nous raconte l'histoire du livre. Elle s'excuse presque de digresser, « je suis bavarde ! ». Enfant, elle n'a pas les moyens de s'offrir des livres, à la hauteur de sa boulimie de lecture. Alors elle va à la bibliothèque et s'achète les classiques. « Parce que c'était les moins chers ! Pour 2 euros, 10 francs à l'époque, tu avais un livre. Alors j'y ai pris goût : Balzac, Hugo, c'était mes préférés. » L'école et ses « boîtes à poèmes au fond de la classe » sont aussi des souvenirs évocateurs. Mais d'où lui vient ce virus des mots, du jeu  ? « Personne ne l'explique, ma mère ne sait pas ! Il n'y avait pas de livres à la maison, mais une tradition orale, peut être que ça vient de là. » Elle reprend, amusée « d'un côté, quand tu fais des tirades de l'Avare en cours de recré, en 5ème, on te regarde bizarrement ! ».

Du théâtre engagé...


Le théâtre, elle le pratique depuis ses 13 ans, toujours à Brest  avec Lionel Jaffrès comme professeur. Une rencontre marquante pour Clotilde de Brito, qui joue du Topor et va voir les pièces de Brecht mise en scène par Jaffrès. Du théâtre engagé, « une notion  très importante pour moi.» Ce n'est sans doute pas étranger au choix de ses thèmes d'écriture. «J'écris depuis mes onze ans. J'écrivais beaucoup sur la guerre, les enfants malades ou ceux qui n'avaient pas la même chance que nous... l'influence d'Hugo peut-être. » Un univers sombre parfois, qu'elle assume, même si elle estime s'être « désassombrie » au fil des années « avec des textes comme celui de la concierge » un portrait caustique et plein d'humour (à retrouver en vidéo sur cette page). Car quand elle joue ses textes sur scène, on est de suite plongé dans l'univers de ses personnages. « Incarner un personnage, c'est ce que je fais de 'moins pire' s'amuse la jeune femme, par exemple, mon texte sur Alzheimer. Je suis un personnage qui perd pied avec la réalité, ça peut faire beaucoup rire, mais derrière ça, ça parle de la maladie. J'ai aussi un texte sur les migrants. Je dis "je", je suis le personnage. Et le public se sent plus impliqué, ce ne sont pas que des chiffres, ce sont des personnes, autant d'humanité qui sont mortes. »

Au petit bout de la lorgnette


La jeune femme aborde aussi des sujets plus légers qui, cependant, donnent toute leur place à des personnages ainsi que des situations rarement mises en lumière. « Je prends le petit bout de la lorgnette. La dame pipi, c'est une histoire vraie. C'était il y a longtemps, mais je ne savais pas comment le raconter. Il s'agit de parler des gens qu'on ne voit pas, et celle là déjà, ça serait bien qu'on la voie. » Clotilde de Brito essaie de mêler les émotions et de trouver un compromis entre rires et larmes en nous baladant pendant trois minutes dans des univers aux antipodes des clichés sur le slam. Serait-elle un ovni dans le monde du slam ? « Je ne pense pas, chaque slameur a son univers, c'est très différent de Grand Corps Malade. Chacun à son style et on peut parler de tous les sujets ». C'est aussi pour cela que Clo peut aussi bien dire ses textes que les chanter. Dans le spectacle qu'elle présente depuis le mois de mars Clo et Toto s'emmêlent les mots, qui interroge sur la place de l'artiste dans la société, certains de ses textes sont chantés « pour alléger aussi ce côté sombre ». Artiste à part entière - et vétérinaire à temps partiel - Clo trouve son inspiration dans le quotidien, l'actualité. « Je regarde beaucoup les gens, comment ils parlent, comment ils marchent ». Pas de rituel d'écriture, mais pleins de « petits chantiers », de bouts de textes qu'elle laisse pousser « comme dans un jardin » s'amuse-t-elle. Des textes qu'elle partage volontiers sur son blog, avec là encore, des rencontres étonnantes, comme cette jeune Belge qui a joué un de ses textes à un oral. Arrivée première avec le texte de Clo, sa mère lui envoie la vidéo. Depuis, elle a des demandes de jeunes pour emprunter ses textes pour des castings ou des oraux.

Dire ce que l'on ressent vraiment


Clotilde de Brito anime aussi des ateliers dans les collèges, sur la poésie engagée. « J'essaie de montrer que les mots, ça peut être marrant, ça peut être tellement précis que l'on peut dire ce que l'on ressent vraiment. Que les poètes ne sont pas que de vieux barbus ! » s'amuse-t-elle. Justement, l'école, pourquoi cette aficionado des mots s'est engagée dans un parcours scientifique ? Aucune pression des parents, mais elle a un problème, elle est bonne élève. « Ça peut paraître bizarre de dire cela, mais en fait, j'avais des bons résultats partout, sans trop  travailler. Alors quand c'est comme ça, tu te retrouves en prépa. Je ne voulais pas être ingénieur, je ne savais pas ce que ça voulait dire, c'est quoi être ingénieur ? raconte Clotilde dans un grand éclat de rire. « J'ai fait l'école de vétérinaire ». Un « ascenseur social » pour cette fille d'immigrés portugais, qui ont arrêté l'école à 10 ans. Elle leur a d'ailleurs dédié un très beau texte « Meus Pais » (voir ci contre). Et si son entourage l'encourageait, Clo elle, dans le même temps, voyait les affiches des auditions pour le TNB en s'interdisant de tenter sa chance. « Je me suis mis la pression toute seule, c'est vrai que je n'avais pas la maturité de dire « ce n'est pas pour moi ». Aujourd'hui, Clo a une soif de dire ses textes comme peu de personnes l'ont. A la voir parler, prendre un livre qu'elle a chroniqué pour le Cri de l'Ormeau de juin et se passionner encore et encore pour les mots, on est sûr d'une chose : Clotilde de Brito est championne des mots, et pour très longtemps encore. Et ce n'est pas Iggy Pop qui pensera le contraire...

(1) Blaze : nom ou prénom, en argot. Peut aussi s'écrire blase. Ce mot d'argot est utilisé par les slameurs, qui doivent se choisir un nom ou surnom comme nom de scène..

Agnès Perea

 

Photo : Thierry Jeandot


Elle était déjà championne de France, vice-championne d'Europe, désormais Clotilde de Brito est championne du monde de slam ! Elle a remporté ce titre lors de la Coupe du monde qui s'est déroulée du 2 au 6 juin à Paris. Pour son coach Radouane Nasri alias Grand Cormoran, cette victoire n'est pas vraiment une surprise : "je pressentais qu'elle allait gagner. C'est la première fois que la France gagne la coupe !" . Le coach se félicite également de la qualification en finale de quatre Briochins Marie-Laure Kervot, Morwenna Jegard, Gaspard Verdure et Amice Descamp. Un beau palmarès pour l'équipe de Saint-Brieuc. 

La Coupe du monde de slam est un tournoi organisé tous les ans à Paris (comme le Grand Slam national et le slam Interscolaire). Des rencontres internationales, qui permettent d'écouter des œuvres originales, dans des styles très variés sur tous les sujets. Contraintes : utiliser son propre texte, ne pas dépasser trois minutes, pas d'instrument de musique ou d'accessoire. Ces championnats existent depuis 9 ans.

http://www.grandslam2015.com/

Et pour écouter du slam et/ou slammer sur Saint-Brieuc : des rendez-vous sont organisés régulièrement au bar le Soupson (Rue Eugène Rahuel à Saint-Brieuc) ou dans les environs de Saint-Brieuc. Prochain rendez-vous : le dimanche 21 juin avec un après-midi slam au café restaurant Le Cessonnais. 


  • Spectacle « Clo et Toto s’emmêlent les mots », fête du Valais le 20 juin

  • Carte blanche « Au bonheur des mots » par Clotilde de Brito dans le cri de l'Ormeau du mois de juin

  • Veillée de Trémeven, le 22 juin

 


Toutes les dates dans le blog « Autour de Clo »
http://autourdeclo.over-blog.com

Lanceur d'alerte

Le 18 juin se déroule le débat citoyen autour du climat à Saint-Brieuc avec Jean Jouzel, climatologue de renom. A 68 ans, le scientifique s'investit d'une dernière mission : sensibiliser le monde aux changements climatiques qui nous attendent... Si rien ne bouge.

Comment devient-on climatologue de renommée internationale, médaille d'or au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), vice-président du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) ?

C'est avant tout en étant chercheur. Et j'ai eu un peu de chance... Quand j'ai commencé mes études, en 1968 à l'école de chimie, j'ai réalisé ma thèse sur la formation de la grêle. Puis, au début des années 1970, j'ai travaillé sur les glaces polaires. C'est tombé au bon moment car j'ai eu le privilège de participer aux premiers grands forages en Antarctique, au Groenland. Pour la première fois, on comprenait que l'effet de serre et l'évolution du climat étaient liés à l’activité humaine. Au départ, nous ne savions pas que nos recherches allaient avoir un impact si retentissant. C'était passionnant et ça le demeure toujours ! J'ai aussi beaucoup publié sur les climats passés et les climats futurs sont entrés dans mon domaine de compétence. Tout ceci m'a permis d'obtenir la médaille d'or du CNRS avec Claude Lorius (2002) et le prix Vetlesen (2012), le prix Nobel des sciences de la Terre en quelque sorte.  


Dans certaines biographies, il vous est octroyé le Prix Nobel de la Paix, partagé avec Al Gore en 2007, au titre de lanceur d'alerte sur l'urgence climatique. Est-ce une erreur ?

Oui, cette récompense a été décernée au Giec à titre collectif, sous ma vice-présidence. A vrai dire, je ne sais pas pourquoi les gens s'attachent tant à « coller » cette distinction à moi seul.

Lorsque l'on évoque la santé de la Terre, les médias se penchent régulièrement vers vous. Alors « Docteur », comment se porte aujourd'hui notre planète ?

Le réchauffement est là, dans l'atmosphère, les glaces, les océans... Et c'est indubitablement lié à l'activité des hommes. Nous ne cessons de modifier le climat. Depuis le siècle dernier, les eaux ont monté de 20 cm et la Terre a gagné 1°C de chaleur. Ça peut ne pas paraître énorme, mais il faut savoir qu'à ce rythme-là, à la fin du siècle, ce sont 4 à 5°C que nous allons gagner.


Comment pourrions-nous y faire face ?

Justement, il sera très difficile d'y faire face ! Les catastrophes naturelles, cyclones et sécheresses seront plus intenses. La sécurité alimentaire sera menacée car le rendement agricole diminuera. Et nous aurons des réfugiés climatiques. Ce qui se déroule en ce moment en Inde, avec des températures à 46°C et des milliers de morts, prouve bien que nous sommes très loin d'être prêts.


Des événements pourraient s'avérer irréversibles ?

Oui, les récifs coralliens disparaîtront si rien n'est fait. Ce phénomène a d'ailleurs déjà débuté. L'élévation du niveaux des mers sera de 80 cm, le siècle prochain, puis de 2 à 3 m dans 300 ans. Nous devons agir ! Le rôle du Giec est de faire prendre conscience aux décideurs politiques de cette réalité, pas de prendre des mesures.

En fin d'année, la conférence des Nations unies sur les changements climatiques (Cop 21) se déroulera à Paris. Qu'espérez-vous de ce rendez-vous ?

Il faut rappeler que le protocole de Kyoto a été un échec. Là, nous devons obtenir un objectif chiffré. Il faut limiter le réchauffement du climat à 2°C pour la fin du siècle. L'élévation des eaux serait de 30 à 40 cm environ. Ce serait comme limiter les dégâts, dans un premier temps. Enfin, un message fort, avec une résonance internationale, doit être envoyé par la Cop 21.


D'un côté, l'appel au « réveil citoyen » est lancé. De l'autre, des entreprises travaillant les énergies fossiles prospèrent. C'est paradoxal, non ?

Il faut que les entreprises qui travaillent le gaz, le pétrole et le charbon bougent et elles commencent à le faire. Il y a urgence ! D'ici 25 ans, l'utilisation de ces combustibles ne pourra plus s'effectuer, faute de ressources. J'ai été agréablement surpris de voir que la grande majorité de ces sociétés ne contestent pas les rapports sur le climat. Un dialogue s'est instauré entre eux, politiques et scientifiques. Les choses évoluent dans le bon sens.


Pour autant, le climatoscepticisme gagne du terrain. Selon une étude de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), en début d'année, plus d'un tiers des Français se disent climatosceptiques. Comment l'expliquez-vous ?

Dans un récent article du Monde, j'ai lu que 80% des Français considéraient que le réchauffement climatique était lié à l'activité humaine. Il faut se mettre d'accord ! Je n'ai rien contre les climatosceptiques. Quand on discute des arguments de chacun, on s'aperçoit rapidement que ce n'est pas le soleil qui est à l'origine de la hausse des températures.


Le 18 juin, avant votre conférence à Saint-Brieuc, vous irez à la rencontre de collégiens et d'élus. Sensibiliser les plus jeunes et les acteurs politiques, cela semble essentiel pour vous.

Tout le monde doit être alerté de la situation actuelle. Pour ma part, j'accorde beaucoup de temps aux collégiens. L'enseignement, au sens large, est primordial et les messages doivent être correctement délivrés, de la maternelle à l'université. Il faut se préparer à changer de mode de vie et arrêter de faire le dos rond.


Vous êtes né à Janzé (35) et connaissez bien les Côtes-d'Armor. Comment imaginez-vous le département dans les années à venir ?

A la fin du siècle, si rien n'est fait, les températures monteront en moyenne de 4 à 5°C dans le département. Le climat sera totalement différent, quasi méditerranéen. L'écosystème et l'agriculture seront différents. Cependant, les Côtes-d'Armor ne devraient pas être menacées par la sécheresse. Les hivers seront encore de plus en plus doux, dans les années à venir. Durant cette saison, les précipitations seront plus importantes. Et les risques d’inondations seront renforcés. L'an passé, nous avons eu un avant-goût de ce qui peut nous attendre dans le futur.


Les Costarmoricains ne seront donc pas épargnés par la montée des eaux...

Je ne pense pas, pas directement. En revanche, des opportunités se présentent pour la Bretagne, dans le futur. Les énergies renouvelables pourraient être développées en mer. Je dirais que cette proximité maritime peut constituer un atout pour les Costarmoricains et les Bretons en général, plus qu'un danger immédiat.

Propos recueillis par Romain Daniel




Photo : DR


Photo : DR


Plus de 100 artistes qui jouent en live depuis tous continents. Al Gore et les Nations Unies organisent, le 18 juin, le « Live Earth – Road to Paris ». Ce concert international a pour but de faire pression sur les gouvernements pour obtenir un accord ambitieux sur les changements climatiques à la conférence mondiale sur le climat de Paris, en décembre prochain. Dans le cadre de cet événement exceptionnel, un concert de jazz aura lieu à Saint-Brieuc, au Centre des Congrès et des Exposition, avant la conférence de Jean Jouzel.

Plus d'infos :www.liveearth.org

Le 18 juin : Conférence débat au Centre des Congrès (salle Grand Léjon), rue Pierre de Coubertin, à Saint-Brieuc, à l'initiative de Saint-Brieuc Agglomération, du Conseil départemental des Côtes d'Armor et de Bretagne Durable.
A 20 h : Introduction culturelle avec Couleurs Jazz (ensemble vocal de Saint-Brieuc).
A 20 h 30 : Conférence de 45 minutes à 1 heure.
Jusqu'à 22 h 15 : Débat avec la salle, à partir de questions recensées pendant la conférence. Vous pouvez aussi, dès à présent, lui poser vos questions à l'adresse  conferencejjouzel(at)bretagne-durable(dot)info 

La Divine Chanson d'Abdourahman A. Waberi

L'écrivain franco-djiboutien Abdourahman A. Waberi a reçu le prix littéraire Louis-Guilloux le 5 juin, à Saint-Brieuc, pour son roman "La Divine Chanson". Un hommage émouvant à Gil Scott-Heron, chanteur, compositeur, poète afro-américain, considéré comme le précurseur du hip-hop. Un roman qui s'inscrit dans la digne lignée de Louis Guilloux.

Que représente pour vous le prix littéraire Louis-Guilloux ?

Recevoir un prix, c'est toujours la reconnaissance de ses collègues. Ce sont des professionnels qui me le décernent. Je suis donc très heureux. De plus, le prix Louis-Guilloux a une forte connotation littéraire. Il y a une aura, un halo de lumière qui vient de Louis Guilloux et c'est important. Par ailleurs, lorsqu'on s'attarde sur la liste des récipiendaires (1) que sont Nicolas Bouvier, Hubbert Haddad, les frères Rolin, Jean Vautrin, c'est un aréopage (2) d'auteurs qui ont tous une qualité littéraire indéniable. Alors être dans cette filiation, cette zone influence, cette culture, est quelque chose d'encourageant et je suis très reconnaissant au jury.

Est-ce que vous vous retrouvez dans l'homme qu'était Louis Guilloux ?

Avec Louis Guilloux, j'ai l'impression d'être dans un terrain un peu familier. Le souci des plus humbles chez lui est très présent. Je l'ai aussi car je suis né dans un bidonville, à Djibouti, à l'époque colonie française. Je viens du monde des petites gens. Dans le livre "ok Joe", on découvre Louis Guilloux qui a côtoyé de près les Américains après le débarquement en juin 1944. Il était alors interprète auprès des tribunaux militaires de l'armée américaine. Parmi 29 soldats américains exécutés pour viol, 25 étaient noirs. Il a vu comment les blancs se comportaient avec leurs compatriotes minoritaires. Il comprend immédiatement qui est le faible, de quel côté il faut se tenir. Cette empathie pour les humbles est quelque chose qui me touche énormément.

Cela vous touche en tant qu'homme et en tant qu'écrivain ?

Les deux sont liés. Chez certains humanistes, il n'y a pas d'oeuvres littéraires. Il y a le grand écrivain qui pourrait ne pas être tourné vers la compassion, la tendresse envers les plus pauvres. Mais chez Guilloux, il y a les deux.

Le blues, un cri de rage des esclaves

Pourquoi avoir choisi Gil Scott-Heron pour votre roman ?

J'ai été très affecté par la mort de cet artiste. La première question que l'on se pose est : "qu'est-ce que je peux faire pour rendre hommage à Scott-Heron ?" En tant que journaliste, j'ai d'abord voulu rédiger un papier. J'ai ainsi réécouté toute la discographie, les dix-sept disques, les chansons emblématiques, et j'ai lu ses trois livres et ses recueils de poèmes. J'ai ainsi tiré des fils sans avoir l'idée de rédiger un roman. Le papier a ensuite pris de l'ampleur, le personnage, de l'épaisseur et j'ai alors commencé à chercher un point de vue à partir duquel je pouvais raconter la vie de Gil Scott-Heron. Au départ, j'ai pensé à sa grand-mère qu'il adorait, avec laquelle il a vécu jusqu'à ses 12 ans, en Louisiane, dans le delta du Mississippi. Donc très vite, dans sa vie, il a croisé ce qui fait l'essence, le grain des noirs américains, le premier chant noir, cri de rage des esclaves dans les champs de coton.
Sa vie est à elle seule un roman. Et naturellement, je m'intéresse aux destins des artistes. Qu'ils soient musiciens, poètes, peintres... ce sont des gens particuliers. On ne leur a rien demandé mais ils s'expriment. Ils sont animés par quelque chose qui vient de l'intérieur. Louis Guilloux appartenait à cette catégorie de personnes, un petit gamin qui n'a pas fini ses études mais qui parle du monde. Qu'est ce qui les anime ? C'est une question qui me préoccupe. Ce sont des gens qui ont des intuitions et qui sentent le monde qui se cache derrière le monde visible. Ils sont fâchés avec le monde tel qu'il va et veulent le remettre sur ses pattes ! C'est très émouvant et en même temps déconcertant.

« Sa voix ne cessera  de réveiller le peuple noir »

Fils d'un footballeur jamaïcain et d'une bibliothécaire, Scott-Heron était beau, charismatique, un jeune homme surdoué. Elève brillant, seul noir dans la plus grande école juive de Brooklyn. Très jeune, il possède déjà cette fibre politique qui l'animera toute sa vie. Il a traversé tous les courants de la musique américaine. Cet homme révolté, "le Bob Dylan noir", sera comme de grands musiciens tels que Ray Charles, Billie Holiday, James Brown, rattrapé par ses fantômes, sombrant dans l'alcool et la drogue. A travers Scott-Heron, c'est toute l'histoire des peuples noirs disséminés par l'esclavage, du Brésil aux Etats-Unis.

A 40 ans, il était l'équivalent d'un Stevie Wonder. Pourtant, il n'a pas utilisé sa notoriété pour s'enrichir. Il fut l'un des premiers artistes noirs américains à participer à la lutte contre la prolifération du nucléaire à une époque où le combat écologique n'était pas un combat populaire mais celui d'une élite blanche. Dès qu'on touche ce type d'hommes du doigt, on est subjugué et j'ai été captivé pendant trois ans.

Pourquoi avoir choisi « Paris », le chat du musicien, comme narrateur ?

C'était un choix éthique. Je voulais éviter l'écueil le plus évident, le jugement et l'apitoiement. Je ne voulais pas tomber dans le voyeurisme social, sociétal, ni excuser l'homme en disant que ce brillant garçon se droguait. Je voulais un roman amoureux mais d'un amour inconditionnel. C'est un défi plus important pour un écrivain d'écrire à partir d'un point de vue. Et le chat avec ses réincarnations, c'est l'avantage additionnel. Comme il a plusieurs vies, ça me permettait plus facilement de relier le roman avec la musique orientale, soufi (3).

Dans votre roman, le lecteur voyage entre le Brésil, la Jamaïque, les ghettos noirs de New York, les grandes scènes internationales de Paris, Berlin...

Je voyage beaucoup également. Dans le roman, les voyages suivent le Gulf Stream, la grande route empruntées par les musiques noires. Toutes les musiques sont animées par le même élan. Ce sont des musiques de célébration. On célèbre le sacré, le divin, la nature, c'est l'élévation de l'homme qui va vers ce qui est plus grand que lui. C'est pour ça que j'ai intitulé mon roman « la Divine Chanson ». Ce n'est pas la chanson noire, c'est l'élan d'élévation que l'on peut trouver comme principe à l'intérieur de toute célébration musicale. Que ce soit un chant grégorien, une flûte des forêts amazoniennes ou autre, on essaie d'atteindre le rythme des saisons, la danse de l'univers. C'est la même danse que l'on a dans le cœur, car nous sommes vivants tant que le cœur bat.
J'ai travaillé sur le monde noir en partant d'un artiste particulier, en allant dans le Mississipi, les Caraïbes, le Brésil, puis retour en Afrique. On ferme ainsi la boucle des musiques noires qui viennent d'Afrique, qui vont fermenter dans les champs de plantation et qui vont ensuite aller vers le nord, le blues à Chicago ou à New York.

Etre écrivain, un rêve d'enfant ?

Même si on a des désirs, on est aussi et surtout l'enfant d'une situation. Louis Guilloux, fils de cordonnier, est un enfant du peuple. C'est un homme qui dialogue avec sa société. On ne peut pas imaginer Guilloux sans cette affection, ce regard tendre envers les gens modestes. Il vient de ce milieu et est resté fidèle à cette tradition.
Né à Djibouti (4), j'ai eu une enfance coloniale à la française. Les professeurs avaient ce souci de former les enfants, de leur apporter l'éducation à tous promise par Jules Ferry. C'est tout naturellement que j'ai eu cet intérêt pour la littérature française, la poésie. Je suis profondément et culturellement français mais j'ai aussi une histoire particulière, celle d'un peuple colonisé.

Une histoire complexe que l'on retrouve dans vos romans...

Les romans de Guilloux sont politiques, ses personnages souvent tiraillés. Mes romans le sont aussi. Mais je suis un homme optimiste. Je crois à l'action des humains, à la révolution intellectuelle, culturelle. Les humains changent car le monde change dans ses mentalités. Aux Etats-Unis, des gens se battent tous les jours et organisent notamment des marches pour la justice pour les noirs assassinés. La société américaine a déjà avancé même s'il reste à effacer les vieux réflexes dans l'appareil administratif, policier.


Propos recueillis par Guénahëlle Leclerre


1- Récipiendaires : personnes qui ont reçu le Prix Louis Guilloux.
2- aréopage : assemblée de personnes particulièrement compétentes dans leur domaine.
3- soufi : le soufisme ou Tasawwouf est une quête ontologique et religieuse dans l'islam.
4- TFAI : le Territoire français des Afars et des Issas (TFAI) est le nom donné au territoire de l'actuelle République de Djibouti durant la colonisation française entre 1967 et son accès à l'indépendance en 1977.

photo : Thierry Jeandot


La Divine Chanson est un roman amoureux qui retrace la vie de Gil Scott-Heron, musicien et poète noir. A sa mort en 2011, A. Waberi a voulu lui rendre hommage en travaillant sur sa musique et sur ses œuvres et en dressant son portrait de manière affective. L'histoire est racontée par un chat qui le suit partout et ne le juge pas. L'artiste a marqué des générations d'auditeurs dans le monde. Pour noyer son chagrin, rien de mieux qu'un chant amoureux. Ce bel homme, musicien génial et écrivain talentueux est le précurseur du hip hop.

Abdourahman Ali Waberi, né le 20 juillet 1965 à Djibouti, est un écrivain franco-djiboutien d'expression française. Il vit entre la France et les États-Unis.
À partir de 1996, il enseigne l'anglais dans des lycées en Normandie – Lisieux puis Caen – jusqu'en 2005.
2010 : membre du jury du prix International IMPAC Dublin Literary Award.
2010-2011 : pensionnaire de l'Académie de France à Rome, à la Villa Médicis.
2012 : professeur invité à l'Université d'Innsbruck en Autriche.
2012 : thèse de doctorat en langue et littérature française intitulée Fragments d'un discours africain. Approches critique et historique des littératures subsahariennes, francophones et transnationales de 1980 à aujourd'hui , à l'université Paris Ouest-Nanterre La Défense.
Il enseigne actuellement les littératures françaises et francophones et la création littéraire à George Washington University à Washington DC. Il collabore régulièrement avec Slate Afrique, Le Monde et d'autres journaux et magazines français.

photo : Thierry Jeandot
Vue d'ici
Vidéo

Le Grand Launay, jardin extraordinaire

Jean Schalit est tombé amoureux de la Bretagne centrale en découvrant Lanrivain, voici 40 ans. Il s'y est aussi découvert la passion du jardinage. Quatre décennies plus tard, son jardin, splendide, est devenu la porte d'entrée d'une manifestation estivale mêlant jardins, art contemporain et rencontres d'experts.

Rencontre

Chaque mois, dans le magazine Côtes d'Armor, nous proposons à une personnalité de se prêter au jeu du portrait chinois. Salut c'est cool est un groupe de musique très prisé actuellement. Ils évoluent dans un répertoire pour le moins particulier, celui qui rappelle qu'art, ça rime aussi avec ringard. Nous leur avons demandé : "Et si vous étiez ?"...

Un film : La grande aventure Lego, de Phil Lord et Christopher Miller.

Une chanson : Opus Dei (Life is life) par Laibach.

Un livre : Un carnet de correspondance.

Une citation ? Cowabunga, dit par Michelangelo

Un endroit des Côtes d'Armor que vous aimez ou que vous aimeriez nous conseiller ?
Perros-Guirec, Carantec-tec-tec

Spectacle

Le domaine départemental de la Roche-Jagu, après avoir accueilli un spectacle monumental de voltige en 2014, renoue avec l'habitude des très beaux plateaux musicaux. C'est ainsi que le 14 juillet, pour un tarif d'entrée de 7 à 15 euros, vous pourrez enchaîner dans un cadre splendide, les concerts d'Hindi Zahra, Elk Escape, Piers Faccini et Rodolphe Burger trio.

Vidéo

L'édition 2015 d'Art Rock a notamment été l'occasion de rencontrer le duo Menthol, qui jouait à domicile, et ce à double titre. Les Briochins ont donné leur concert sur la Scène B, plantée dans l'enceinte de l'hôtel du Département. L'occasion se présentait donc d'une vidéo tournée en interne.

Brezhoneg

Disentiñ !
Xavier Renou ; Dewi Siberil (troid.)
Perak ha penaos disentiñ?
Abaoe bloavezhioù e kemerer perzh e manifestadegoù a bep seurt. Daoust hag un disoc’h pe ur gounid gwirion a vez bep tro? Lakaat a reer hon anv war kantadoù ha kantadoù a sinedagoù. Daoust hag ur pouez efedus o deus ? Doareoù all a zo evit bezañ klevet, evit diskouez hon youl ha nec’hamant, ha trec’hiñ en diwezh hep implijout ar feulster. El levrig-mañ e tispleger e c’heller disentiñ hep implijout an nerzh ha kement-se en un doare reizh. Sevel a ra goulennoù ha reiñ a ra doareoù da gas ur stourm da benn, re an disenterezh keodedel. Un hent hag a vez implijet gant ar strollad Ai’ta! evit kas stourm ar brezhoneg war-raok. Xavier Renou, an oberour, a zo unan eus diazezerien ar c’henstroll « Désobéissants ».

An Alarc’h / 9,50€

100 mots en breton pour mon tatouage
Franz Kafka;Gérard Cornillet (trad.)

Alies e vez goulennet digant ti-embann Emgleo Breiz penaos treiñ ger-mañ-ger pe frazenn-mañ-frazenn da vezañ tatouet. Setu amañ al levrig a servijo deoc’h evit ho tatouadurioù da zont !

Emgleo Breiz / 5€

Loened Breizh
Cristophe Boncens

Breizh hag he aodoù dispennet, he stêrioù hag e c'hoadoù, a zo ur gwir baradoz evit loened a bep seurt, a-wechoù divoutin.
Petra a vez debet gant an dourgi ? Petra e vez gwelet poc'haned boutin ? Pet vi e c'hell dozviñ an eog ?
Christophe Bonsens a ginnig dizoloiñ un dibab loened boutin arouezel, pe e vefe un amprevan bihan pe ur bronneg-mor divent, evit gouzout hiroc'h diwar-benn hon endro.
Ul levr dave e brezhoneg penn-da-benn, pedagogel, m'eo taolennet ha treset pep loen en un doare sklaer ha resis ennañ, evel ma oar ober Christophe Bonsens gant livioù flamm, tresadennoù ront ha dous hag a zesach ar vugale. 

Beluga/Coop Breizh / 19€

E brezhoneg mar plij

Disentiñ !
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Cinéma

L'ombre des femmes, le nouveau long métrage de Philippe Garrel est sorti le 27 mai dernier. Très bien accueilli par l'ensemble des critiques lors de sa diffusion à la Quinzaine des réalisateurs pendant Cannes 2015, le film, rappelons-le, a notamment permis de faire la lumière sur l'actrice costarmoricaine Léna Paugam. Elle sera présente pour la projection du film, le dimanche 28 juin au cinéma Le Korrigan à Etables-sur-Mer à 20 h 30. A cette occasion, le public assistera à la projection du court-métrage L'aveugle et la cardinale de Frédérick Laurent dans lequel Léna Paugam joue également.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vidéo

L'ombre des femmes, le nouveau long métrage de Philippe Garrel est sorti le 27 mai dernier. Très bien accueilli par l'ensemble des critiques lors de sa diffusion à la Quinzaine des réalisateurs pendant Cannes 2015, le film, rappelons-le, a notamment permis de faire la lumière sur l'actrice costarmoricaine Léna Paugam. Elle sera présente pour la projection du film, le dimanche 28 juin au cinéma Le Korrigan à Etables-sur-Mer à 20 h 30. A cette occasion, le public assistera à la projection du court-métrage L'aveugle et la cardinale de Frédérick Laurent dans lequel Léna Paugam joue également.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rendez-vous

Depuis le mois de juin, à l'invitation de la Cie Lyncéus-théâtre dirigée par Léna Paugam (encore elle), de jeunes auteurs, metteurs en scène, comédiens, réalisateurs, photographes travaillent à Binic sur des œuvres (une dizaine) qu'ils présenteront entre le 1er et le 5 juillet. L'ensemble est placé sous le thème Histoires d'utopie.

lynceustheatre.com

Vidéo

Depuis le mois de juin, à l'invitation de la Cie Lyncéus-théâtre dirigée par Léna Paugam (encore elle), de jeunes auteurs, metteurs en scène, comédiens, réalisateurs, photographes travaillent à Binic sur des œuvres (une dizaine) qu'ils présenteront entre le 1er et le 5 juillet. L'ensemble est placé sous le thème Histoires d'utopie.

lynceustheatre.com

Musique

Le groupe Light in cities vient de sortir, mercredi 10 juin, son premier EP. Push me down réunit 5 titres d'un répertoire que le quintet revendique au carrefour d'influences très UK : « ça va de Blur, aux Strokes, à Bloc Party, Placebo ou encore Foals aux M83 en passant par les Two Door Cinema Club ». Si vous connaissez ces groupes, cela vous donne une idée assez précise de leurs intentions. Sinon, vous n'avez plus qu'à regarder le teaser ci-après.

Vous trouverez le disque au format digital partout, sur deezer, itunes, soundcloud...

Spectacle

Cette nouvelle édition du festival de Bobital présente une programmation qui semble plus équilibrée qu'à l'habitude. Sans pour autant renier sa dimension « grand écart », la liste des réjouissantes réjouissances est sacrément solide : la famille Chédid (Louis, Matthieu, Anna et Joseph) au grand complet, les 2 Many Djs, la rencontre improbable entre Franz Ferdinand et Sparks, les idoles Fauve pour les plus connus ; mais aussi, une foule de découvertes ou sensations récentes : Birth of joy, The avener, Josef Salvat, le pop-folk ultra efficace de Shake Shake go, les Bretons Fuzeta, les tarés dada de Salut c'est cool qui font rimer ringard avec art (voir page 38), les Toulousains Scarecrow... Bien répartie sur les deux jours, la programmation vous fera sans doute pencher pour le pass 2 jours (56 euros).

bobital-festival.fr

 

Découvrez la photo mystère de ce numéro

 

Chaque mois, nous vous proposons de jouer à deviner ce qui se cache derrière la photo mystère. Avec pour seul indice un fragment d'un cliché, parfois quelques mots, un lieu, un événement voire une personnalité seront à découvrir. Pour participer, il suffit de cliquer sur le lien ci-dessous et de renseigner le court formulaire. Bonne chance, des lots très divers récompenseront chaque mois (au moins) 5 gagnants.

Participer

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